Les copains du Bord V2.0

Tout d’abord veuillez, chers lecteurs assidus, accepter toutes nos excuses d’avoir mis tant de temps à vous fournir un nouvel article… Vous êtes nombreux à nous réclamer toujours plus de nouvelles… Bref c’est promis on essayera de ne pas vous faire attendre aussi longtemps pour le prochain épisode !

11 Juin 2017 – 09h00 – Le Couach est lancé, la journée se veut magnifique, le vent absent et nous nous apprêtons à avaler les quelques miles qui nous séparent de Lagos. Nous attendons impatiemment les Mayer venus « poulper » quelques jours avec nous. Afin de les recevoir dans les meilleures conditions et aussi pour faciliter la logistique, nous avons décidés de séjourner quelques nuits en Marina. Cela fait maintenant 2 mois que le Poulpe n’a pas trempé une tentacule dans l’eau crasseuse d’un port et comme d’habitude nous appréhendons la manoeuvre. Nous apercevons les balises rouges et vertes qui indiquent l’entrée du chenal vers 12h et entamons notre remontée jusqu’à la marina se trouvant plus en amont. Son entrée est conditionnée par la présence d’un pont piétonnier dont nous devons demander l’ouverture avant de pouvoir y pénétrer. Un ponton d’attente se trouve juste devant le bureau de la marina mais celui-ci est encombré par un énorme catamaran ainsi qu’un autre monocoque. Le chenal n’est pas très large et bondé par toutes sortes de vedettes à touristes allant et venant à grosse allure, bref c’est l’heure de pointe! Notre seule solution de repli est un ponton de pêcheur à moitié abandonné et re-décoré par les chiures de mouettes. Même pas peur, la manoeuvre se fait tout « smooth » et nous voilà harnaché en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Bon, le ponton est branlant et verrouillé à double tours mais cela ne nous empêchera pas de l’escalader afin d’aller faire notre « clearance » à la capitainerie. Celle-ci ne sera néanmoins pas très tolérante et il nous faudra tout de même accoster au ponton gasoil pour re-présenter nos papiers. Ces petits inconvénients oubliés, nous nous verrons attribuer une panne pour nous tout seul, alors que la marina commence à être bien remplie. La « Phobieoctopussy » est une maladie assez répandue dans le monde de la plaisance mais celle-ci ne nous accordera jusqu’alors que des avantages. Nous amarrons le Poulpe sans encombre à notre catway king size et nous nous posons dans le cockpit afin souffler un peu. Nous faisons un peu tâche au milieu de tous ces luxueux yachts et nous nous sentons un peu à l’étroit après tant de temps passé au mouillage. La marina se trouve en plein centre ville et est entourée de bars et restaurants en tout genre, ce qui ne promet rien de bon pour les nuits à venir et accentuera l’effet oppressant!

Il fait 35°C et aucune brise ne souffle, mais nous avons du pain sur la planche avant l’arrivée des copains et devons profiter au maximum des avantages que nous offre le port. Au programme, nettoyage intérieur et extérieur du bateau, nettoyage du dinghy, plein des cuves, avitaillement et douches 3 fois par jour ! Une pour la chaleur, une pour le plaisir et une pour la forme! Nous nous attendions à ce que Manouche se dégourdissent les pattes à peine amarrés (Pour ne pas dire courage fuyons!). Mais ce n’est qu’une fois le soleil couché que notre greffier s’aventurera à pas feutrés pour sa balade nocturne. Nous nous coucherons vannés mais trouverons difficilement le sommeil n’étant plus habitués aux bruits extérieurs de la city. Le lendemain c’est le branle bas de combat! Pierre et Lucie débarque sur les coups de midi et bien entendu, étant resté sur le rythme de notre « une tâche par jour », nous n’avons encore rien rayé de la « to-do list ». Peu importe, on est super happy de les retrouver et eux d’être là, nous fêtons cela dignement autour d’une Sagres et de « sargos » au four. Les vacances commencent!

Nous resterons 3 jours à Lagos et nous profiterons de ce temps pour visiter la ville et ses falaises. L’enfilade de plages et de grottes est splendide. Nous découvrons une autre côte, bien différente du Nord du pays, et le mélange des couleurs ocre et bleu est un régal pour les yeux. Manouche fait bande à part et décide de visiter de son côté. Il réinvente l’Urbex en explorant les embarcations, abandonnées ou non, avec tellement de motivation qu’il en perdra le chemin de la sienne. C’est en plein « pré-péro » (une mise en jambe de l’apéritif que vous avons découvert en Charente) qu’il nous gratifiera, perché sur le bateau d’en face, d’une déchirante complainte à vous dresser les poils dans le dos, intitulée: « I’m loosing my octopus ». Nous serons contraint d’aller le récupérer, impossible pour lui d’identifier le trajet reliant le point A au point Poulpe, sans traverser, oh misère, de l’eau ! Le lendemain, les copains se plieront joyeusement au corvées du bord, et une fois les tâches effectuées et le ballon des douches vidé, (bah oui, une pour le souvenir aussi!) nous sommes « ready » pour prendre la mer. Les rôles de chacun sont attribués, la pression comme à chaque fois monte d’un cran, le couach rugit et le pont commence à se lever. Nous larguons, la commande arrière est enclenchée mais rien n’y fait, le poulpe refuse de reculer. On cherche, on se questionne, cela ne dure que quelques instants mais ça parait une éternité. Puis doucement, un doigt se lève, une petite voix se fait entendre et Pierre, presque penaud, nous fait remarquer qu’il reste une amarre accrochée au quai… heuuu… No Comment…. SUPER IMPRESSION les marins d’eau douce ! Bref nous larguons, entièrement cette fois, et nous voilà partis!

Le soleil est voilé mais la chaleur est bien présente et Eole se fait timide, pas encore habitué à nos nouveaux compagnons de route. Nous tentons d’envoyer un peu de Génois mais la vitesse étant trop mauvaise nous décidons de privilégier la pêche par rapport à la voile et ce dernier, vexé, cafouillera à l’enroulage. Pendant que Cedric s’affairera à démêler le sac de noeuds qui c’était créé à l’intérieur du tambour, Pierre, penché à l’avant et maintenant le génois le temps de la manipulation, attrapera légèrement la nausée. Lucie, elle, toujours à la barre, nous guidera jusqu’à l’entrée de Portimao, fraiche et vaillante, comme un poisson dans l’eau !
Les maquereaux eux ne feront pas de manières et c’est par 3 ou 4 que nous les remonterons à bord. La ligne trainera jusqu’a l’entrée de la zone de mouillage, faisant de notre frigo un véritable vivier. Nous ancrerons en milieu d’après midi, espace et calme enfin retrouvé.

Le programme s’établit tranquillement et les charmes de la vie du bord commencent à se faire ressentir entre baignades et farniente (Nous tairons les corvées de vaisselle et les missions d’ eau pour donner aux autres l’envie d’embarquer). Nous visiterons la partie Est de la côte qui se révèlera époustouflante, remonterons sur Sagres et le Cabo Sao Vincente en tant que terrien cette fois et assisterons à un concert de Fado dans un petit restaurant de Ferragudo. Ces derniers jours, nous aurons atteints un record de température de 43°C, engendrant des feux de forêts, et rencontrés nombre de locaux littéralement liquéfiés, bredonnant un inaudible Boaaa taaarde immédiatement suivi d’un Qué Calor! Néanmoins Les jours sont comptés et défilent à vitesse grand V, on ne le dira jamais assez, il faut venir au minimum deux semaines pour véritablement en profiter. Avouons le, nous sommes gourmands et égoïstes et nous restons une nouvelle fois sur notre faim… C’était trop bien. Dites les copains c’est quand que vous revenez?!

Nous avons eu la visite éclair d’amis du Havre, Jerem et Maud, venus nous présenter leur nouveau bébé en aluminium le « Daru Cirrus ». Ils profiterons de l’escale pour faire un gros avitaillement qui mettra à rude épreuve notre diable (70l d’eau) avant de filer vers les Açores. A bient’eau sous d’autres latitudes !

La routine (Bon, c’est un peu abusé, mais les choses répétitives qu’elles se fassent dans un décor de rêve et sous un soleil de plomb ne sont-elles pas pour autant routinières?! Ok je sors…) à maintenant repris son cours et nous nous décidons à rayer un peu de tâches avant d’aller tâter du large. En mémoire à Pierre, nous commençons par changer la drisse qui nous aura donner du fil à retordre lors de notre dernière navigation. Celle-ci était d’un diamètre légèrement trop important et avait tendance à s’emmêler dans le tambour (toujours quand il ne faut pas…), nous obligeant à nous rendre à l’étrave pour solutionner afin de pouvoir enrouler. Nous avons réparé et installé le régulateur d’allure sur les conseils de Loïc (ancien papa du Poulpe), verrouillé portes et tiroirs récalcitrants, révisé la fixation de la machine à laver qui tentait une évasion à chaque essorage, consolidé la plateforme en teck au niveau de l’échelle de bain, installé une plaque en inox sur le support du moteur hors-bord afin de le renforcer, bricolé un pseudo-cunningham pour parfaitement étarquer la Grand Voile, remplacé nos ligne de vie en sangle par du câble inox et le plus important, installé une pompe de cale à diaphragme qui se déclencherait automatiquement en cas de voie d’eau durant nos absences.

Nous avons également fait la rencontre d’Igor, notre plus proche voisin de mouillage et heureux propriétaire du « Casa Martins », un bel Amel de 35 pieds avec qui nous avons partagé de sympathiques moments de galère et que nous recroiserons certainement en chemin. Spéciale dédicace à Ursula et Alex, un sympathique couple d’allemands dont le mode de vie présente beaucoup de similitude avec notre aventure. Leur voilier « Faith » est un magnifique acier de 10m mais c’est surtout leur annexe qui nous à fait baver : une barque pliante de 12 pieds du nom de « Porta bote » qui est juste génialissime… Le projet d’en trouver une d’occasion voir de la fabriquer est en tête de la to-do liste du bord ! Bref nous avons passé de très bons moments en leur compagnie et avons partagé fichiers, matériel de pêche, conseils et astuces en tout genre ! Cerise sur le gâteau ils nous ont permis de faire le plein de gaz ! En effet ils n’ont pas hésité un seul instant à nous accompagner à la station GPL du coin (à 10 km aller retour à pied quand même) et à nous prêter un adaptateur pour remplir notre bouteille de 13kg.

Pour finir, un mot concernant la mascotte du bord : Manouche.  Il à lui aussi repris ses habitudes de chat marin, courant et miaulant sur les poissons s’approchant d’un peu trop près de la coque. Aux anges à chaque fois qu’il à pu s’adonner à son Hobby favori : aider Cedric à pêcher. D’ailleurs pêche au mouillage qui s’améliore de jour en jour avec des prises régulières (même un loup de 700g qui à mordu à la mie de pain…). Conclusion : un chat heureux qui ne mange pas que des croquettes, beaucoup de rillettes de Sargos (Sar) à l’apéro et de nombreux poissons préparés à la tahitienne!

MIB (Message In a Bottle) A bons entendeurs, depuis le 5 juillet vous pouvez nous joindre sur le téléphone mobile sans surtaxe, le roaming ayant élargi ses frontières, nous avons de nouveau un forfait illimité dans toute l’Europe. C’est pas une super nouvelle ça?

L’été est enfin là pour chacun d’entre vous ( j’avoue,  on a toujours un peu d’avance!) nous vous avons donc concocté un petit jeu spécial vacances afin de vous permettre de découvrir notre nouvelle destination (Enfin pour ceux qui ne le savent pas encore car mon mari à la langue bien pendue!) et pour réviser (ou apprendre) les fameux thermes nautiques incompréhensibles!

Mot Croisés

Un dernier remplissage de cales s’impose, mais l’air du large commence à nous chatouiller sérieusement les narines. Dans quelques jours et au bon vouloir d’Eole nous devrions nous laisser happer par la grande bleue. Bah oui c’est bien connu, c’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme… tintintin !

5 réflexions sur “ Les copains du Bord V2.0 ”

  1. toujours aussi passionnantes vos aventures !
    merci pour le partage
    Les photos sont superbes et parlent d’elles-même, ça donne envie de visiter le coin, tant pour les criques, les grottes et les camping-car camouflage portant des messages subliminaux. Mention spéciale pour le Shaolin style qui rappelle les vieux films de karaté où les mecs s’entraînent sur la page pour se préparer à un combat final contre un boss du kung fu

    gris bisous à bientôt les Poulpos

    1. Salut les copains! on confirme l’Algarve est vraiment superbe! et Portimao est un mouillage juste parfait! Mais les prochaines escales promettent des merveilles également… profitez bien de vos vacances les loustics et on espère toujours vous avoir à bord! Boujoux de nous!

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