Lors de nos précédents voyages en sac à dos (Inde, Mali, Mexique, Indonésie…) nous avons vu qu’il était tout à fait possible de mener à bien des projets de type « humanitaire ». En prenant pour exemples ce qui se fait déjà dans le milieu associatif, nous nous sommes rendu compte qu’avec peu de moyens on peut réaliser de grandes choses. Nous avons été frustrés de ne jamais avoir assez de temps pour nous investir dans des projets locaux. Nous ne rêvons donc pas d’un voyage oisif les doigts de pied en éventail mais nous voulons être utile et aider les communautés dans le besoin que nous rencontrerons au fil des escales.

Nous voulons ainsi parcourir le monde en voilier sans notion de temps ni de retour. Nous projetons de longues escales et souhaitons tisser des liens d’entraide et d’amitié avec les gens que nous rencontrerons. Nous sommes persuadés qu’en tant qu’ « occidentaux » notre grande force est d’avoir accès à des leviers importants permettant de débloquer des fonds, des dons ou de la main d’œuvre qui seront mis au service de notre cause. Nous pensons que mener de petites initiatives locales peu couteuse peut réellement changer la vie des autres. Construire des écoles, des puits, rénover des structures existantes, etc… est à portée tant est que l’on ai un peu de moyens et beaucoup d’envie.

Il n’y a pas de grandes révolutions, seulement de petites actions, et c’est à notre échelle, chacun d’entre nous, que nous pouvons faire évoluer les mentalités et changer les choses. C’est avec nos petits moyens que nous essayons de tendre vers ce qui nous appelle : l’entraide et la solidarité.

Les possibilités d’actions sont vastes, lors de nos voyages passés nous avons appris la culture du système « D » : débrouille toi avec ce que la vie t’apporte ! C’est dans cet état d’esprit que nous souhaitons devenir « passeurs d’idées », apprendre les techniques et inventions simples, efficaces et respectueuses de l’environnement pour les transmettre à notre tour.

Il faut  parfois un petit rien pour améliorer considérablement la vie des gens. Le confort apporté par notre société nous fait oublier que l’accès à des ressources simples peut être une grande difficulté pour d’autres.

Dans beaucoup de pays l’accès à l’eau est un problème. Quand il nous suffit de tourner un robinet pour nos rafraichir, d’autres font des kilomètres à pied pour avoir un peu d’eau potable. Des solutions à portée de tous existent, la construction d’un réservoir ou d’un puits ne représente pas une charge trop couteuse mais dans certains endroit du globe cela peut représenter une vie de salaire !

Certains d’entre nous n’ont pas la lumière à tout les étages, certes… Mais plus sérieusement quand chez nous le soleil jaillit d’une simple pression sur l’interrupteur, d’autres doivent travailler à la bougie pendant des heures avec toutes les contraintes que cela comprend. Un panneau solaire, un rail de LED et la lumière fut !

Un toit au dessus de notre tête, un lit dans lequel se reposer, une cuisine dans laquelle se nourrir… Autant de choses simples qui composent notre habitat. Et pourtant ce qui nous parait normal et auquel nous ne prêtons même plus attention est un luxe pour d’autres. Quelques planches, des tôles, un coup de peinture et un remake de la petite maison dans la prairie fera le bonheur de beaucoup !

Évidement nous sommes conscient que la réalité du terrain est parfois loin de la théorie. Nous sommes aussi convaincus que par notre présence physique sur les lieux et l’expérience que nous allons acquérir au fil du temps, nous réussirons à mener des actions d’entraide adaptées aux réels besoins tout en restant dans le respect des peuples et la valorisation des techniques locales.

Tout comme pour notre vie de nomade sur le bateau il est difficile de se projeter et de savoir ce que nous serons en mesure de faire d’ici un an ou deux. Mais nous tachons de faire notre maximum pour aller au bout de nos idées et de nos projets. En espérant aller loin, très très loin !