En attendant Madère

Nous sommes prêts. Les cales ont été remplies, le bateau vérifié, le moral est au beau fixe et le soleil brille. Seulement Eole n’est pas content et Madeira se fait désirer, ce qui nous laisse quoi. Alors on attend patiemment la bonne fenêtre car les prévisions se prennent dorénavant sur plusieurs jours ce qui laisse peu de place à la certitude. Une fois n’est pas coutume, nous ne sommes jamais satisfait, ou c’est trop ou pas assez!
Cependant nous ne sommes pas à plaindre et le report du départ nous permet, à la fois de rayer de nouvelles tâches sur la liste et de profiter encore un peu plus des copains.
Nous vous avions rapidement présenté Ursula et Alex ainsi que leur bateau Faith dans notre précédent article. Et bien nous avons eu l’occasion d’approfondir notre relation et il s’avère que nous avons beaucoup de points communs! Outre le fait que nous soyons issus de la même génération, nous avons également le même style de bateau, le même parcours, la même philosophie et les mêmes projets d’avenir. La seule chose que nous n’avons pas et que nous leur envions grandement c’est un porta bote! Comment vous dire, c’est l’annexe que tout plaisancier devrait avoir! Une barque rigide, légère, pliante, solide et maniable. Avec ça, fini les corvées de gonflage, les réparations fortuites à la glue et les longs trajets mouillés et bruyants. Cette embarcation est en polypropylène, super robuste et manoeuvrante. Résistante aux UVA et au sel, plus besoin de chercher un endroit « safe » pour atterrir, roches, sable ou échelle de pêcheur, rien ne lui fait peur. Rapide à monter et à démonter, facile à stocker le long de la filière, une grande capacité d’accueil (demandez aux Mayer si notre typhoon est actuellement accueillante !) Bref nous n’allons pas continuer à vous faire son apologie, on est amoureux et on le veux! Le seul inconvénient (bien entendu nous ne parlerons pas du prix!) c’est sa rareté. Nous n’achetons jamais neuf, donc trouver un particulier capable de nous l’envoyer à l’autre bout du monde s’avère être très compliqué voir mission impossible. Mais tout vient à point qui sait attendre, nous serons donc patients, attentifs et nous prierons chaque jour, afin que le miracle se produise… En attendant notre dinghy fait le taf et nous comptons bien l’user jusqu’au bout de sa fibre.
Côté copains, notre faux départ nous a permis de revoir Helder et de faire la connaissance de sa chérie Inēs ! A notre départ de Nazaré, nous nous étions donnés rendez-vous en Algarve pour une session voile improvisée. Mais ses vacances tardaient à arriver et nous n’étions pas certains de pouvoir finalement se croiser. Ce fut donc avec une joie inespérée que nous les avons accueillis à bord, non pas pour naviguer (Eole étant toujours aussi furax!) mais bien pour farnienter !
Poisson frais, maillots et pêche aux bulots ont été tellement appréciés que nous jouerons les prolongations deux jours plus tard dans leur appartement de location à côté de Lagos. Inēs, en plus d’être adorable, est un vrai cordon bleu et nous a fait découvrir un délicieux plat typique du Portugal : Açordas (la recette de grand maman, rien que ça!) Et comme, on est gourmands et qu’on en veux toujours plus (Faut abuser de la vie et on l’a bien compris!) les prochaines vacances sont déjà calées au Cabo Verde !

Ayant du temps à gagner, nous avons pris de l’avance sur la vaccination de notre greffier. En effet, les autorités ne rigolent pas sur la question sanitaire et si on ne nous a encore rien demandé, nous savons pertinemment que ce n’est qu’une question de temps avant qu’un douanier bien avisé, nous soudoie quelque menue monnaie ! Le vaccin anti-rabique de notre enragé doit donc être révisé, la date butoir approchant à grand pas, nous ne voulons surtout pas la dépasser. Portimāo se prêtant facilement à cette mission, nous prenons donc rendez-vous pour Mr Chat à l’Hôpital vétérinaire rien que ça! Nous partons de bon matin, notre matou handicapé par son gilet de sauvetage sous le bras (ou plutôt sur le dos) afin de lui administrer le précieux sésame. Malgré un trajet interminable (15min) dans un radeau de survie gonflable (oui croyez moi pour lui à ce moment là c’est bien de la survie) pendant lequel il apportera un soin mémorable à ne pas sortir une seule griffe, complètement cerné par de l’eau qui mouille, celui-ci resta exemplaire du début à la fin! Une fois le premier calvaire passé avec succès, place au second. Nous entrons dans une salle aseptisée et comprenant maintenant le guet-apens que nous lui avons tendu, notre marin d’eau douce se fera plus petit qu’une souris. Le docteur lui fera une oscultation complète qui apparement ne lui déplaira pas le moins du monde, exposant son bidou, les quatre fers en l’air sur la table, en moins de 5 min. La piqure, elle, passera beaucoup moins bien dans une vaine tentative d’eschatpade ! La seconde misère accomplie, il faut maintenant faire le chemin en sens inverse, troisième round Catus VS Sea : Manouche sera déclaré gagnant, bravant poissons volants et éclaboussures mal intentionnées haut la patte! Nous sommes désormais tranquilles pour 3 ans!

Notre petite vie de mouillage se fait douce, agrémentée de nombreux échanges et trocs entre plaisanciers de tous horizons. Nous en profitons pour enrichir notre vocabulaire (enfin surtout moi!) entre Anglais, Allemand, Portugais et bien évidement l’indispensable et universel langage des signes! Faisons des rencontres nombreuses et variées et sauvons les catamarans en détresses ! (pas moins de trois navires auront décrochés de leur mouillage) Spéciale dédicace à un trio de navigateurs dont le capitaine se trouve être amputé des deux jambes et d’un bras ! Le jeune homme d’une vingtaine d’année impose un profond respect !
Nous avons également failli embarquer deux équipières pour notre traversée, les deux jeunes portugaises se sont lancées dans un projet de « hitch hiking » (bateau-stop) sponsorisé par une nouvelle application de réservation de marinas en ligne et souhaitent réaliser 100 interviews en 100 jours de voile. Nous préférons normalement naviguer en solo, à deux, mais l’idée à commencée à germer dans notre tête et pourquoi pas une prochaine fois. Bon vent et belle mer les filles !

En attendant une petite accalmie de notre copain l’éolien, nous n’en perdons pas une miette, ce soir fête de la sardine et demain…

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